"L'Islam et la Laïcité: peut-on être musulman et laïque?"
Pour tenter répondre à cette question, la Maison de la Laïcité de Pont-à-Celles accueillait le jeudi 20 mai dernier Madame Latifa Gahouchi, professeur de morale et
Echevine de l'enseignement à Charleroi.
Présentation
48ans, originaire du Maroc, c'est à l'âge de 4 ans que Latifa Gahouchi et sa famille est contrainte de quitter son pays.Son père était membre d'un groupe luttant pour les droits de l'homme, ce qui n'a pas plu aux idées dictatoriales du Roi Hassan II, la fuite était l'ultime solution contre la condamnation à mort pesant sur lui. C'est ainsi qu'en pleine période d'immigration marocaine, 1965, que la famille Gahouchi choisi de s'installer en Belgique, plus précisément dans la Région de Charleroi, car on y parle le français.
Le combat reste identique: se battre pour défendre ses valeurs !
Latifa poursuit ses études dans l'enseignement rénové, malgré les préjugés qui se sont fait sentir dès son inscription. En effet, on lui proposait de se diriger vers l'enseignement professionnel afin qu'elle puisse travailler au plus vite. Son père ne fut évidemment pas d'accord, son souhait était que sa fille puisse suivre un enseignement comme « tout le monde ». Après un passage par l'ULB et l'UT, c'est en 1998 que Madame Gahouchi adhère au Parti Socialiste et en 2007, elle devient professeur de morale et Echevine de l'enseignement à Charleroi. Sa volonté reste inchangée, défendre ses valeurs. Elle se veut être la représentante d'un mélange de Carolo et non pas des musulmans !
Problème d'une enseignante voilée à Charleroi : L'explication de son échevine.
C'est en 2007 que Madame Topal, d'origine turque, est engagée en tant que professeur de mathématique à l'école communale secondaire de la Garenne. En septembre 2009, un nouveau directeur entre en fonction et s'étonne qu'un professeur ayant signé, lors de son engagement, le décret Neutralité donne cours de mathématique en portant un voile. A la suite de cela, l'enseignante se met en maladie et porte plainte. Le tribunal donne raison à la Ville de Charleroi au nom du respect du décret concernant la neutralité de l'enseignement. Madame Topal engage alors un recours à la Cour d'Appel de Mons, ce dernier considérant le foulard comme un signe discret et affirmant que le décret Neutralité établit en 2003 est assez flou. En revanche celui de 1994 est plus précis. Une proposition de nouveau règlement ainsi que la demande d'adhésion au décret de 1994 est alors proposé par Madame Gahouchi au Conseil Communal de la Ville de Charleroi, le 29 mars 2010.
Malheureusement des évènements vont ternir cette réunion... La communauté musulmane, intégriste, s'est assemblée afin de manifester leur mécontentement face à cette interdiction.
« Cela m'a ébranlée en tant que femme émancipée de voir des toutes petites filles voilées et une femme portant la burca. C'était la première fois que j'en voyais une. J'avais la sensation de faire un retour de 1000 ans en arrière... ».
De plus, un conseiller communal CDH, lui-même d'origine musulmane et Président de la Commission Communale de l'enseignement, s'est opposé à l'interdiction du port du voile dans l'enseignement. Interpellant, selon Madame Gahouchi.
« L'enseignement doit rester officiel ! Un enseignant qui a autorité au sein d'une classe ne peut porter un signe de conviction, quel qu'il soit ! »
Madame Topal n'a toujours pas repris les cours et se trouve aujourd'hui en absence injustifiée. Cette situation a été signalée à la Communauté Française qui sera chargée de trancher. Cette enseignante sera probablement licenciée de par son absence mais également car elle n'est pas d'accord avec les valeurs défendues par l'enseignement de la Ville de Charleroi. La Ministre de l'enseignement, Madame Simonet, sous la pression des médias, a promis de réviser et clarifier le décret concernant la Neutralité afin qu'il puisse entrer en vigueur dès septembre prochain.
De son côté, la Ville de Charleroi a osé réaffirmer sa neutralité !
Expansion de l'extrémisme musulman depuis 2001
On voit apparaître, de la part de la communauté musulmane, un besoin d'affirmer son identité.Le problème est que ce besoin doit passer par la soumission de la femme qui doit porter un voile. La femme qui risque de pervertir l'homme et sur laquelle repose la dignité de la famille, donc, voilons-là ! Auparavant, le voile était porté par des femmes plus âgées et avait un caractère culturel. D'ailleurs, le nombre de femmes portant le voile au Maroc ou dans les pays du Maghreb de façon plus générale, est largement inférieur à celui des femmes occidentales.
Aujourd'hui, l'Islam veut avoir la mainmise sur la population et convertir les jeunes belges.
Malheureusement, les belges convertis ne deviennent jamais, ou très rarement, des musulmans tolérants ! On voit apparaître alors une radicalisation de l'Islam par une volonté d'être reconnu et de montrer son appartenance. Mais la burka est un frein à la communication ! Aucun visage à regarder, aucun regard à croiser. Dans les récits du prophète, la femme est à l'égale de l'homme. Elle est combattante et son avis compte tout autant que celui des hommes. Aujourd'hui, on assiste à un cloisonnement de la femme et nous devons lutter contre cela !
Peut-on être musulman et laïque ? Oui !
Ce n'est pas parce que je suis d'origine musulmane que je n'ai pas de principe ! De même, ce n'est pas parce que je viens d'un pays d'Afrique du Nord que je dois porter le voile ! La religion fait partie de la sphère privée et en public, il est normal que l'on soit neutre, y compris dans l'enseignement ! Nous devons prôner la tolérance mais pas accepter tout et n'importe quoi surtout lorsqu'il s'agit d'éducation. Notre rôle, celui de la Belgique, est d'aider les écoles confrontées aux problèmes causés par le port de signes de conviction et ne pas les laisser se débrouiller seules.
Préservons notre démocratie !
Aujourd'hui, de plus en plus de partis politiques ouvrent leur liste à des personnes de différentes origines. D'un côté, c'est s'ouvrir aux autres et aux différences mais d'un autre côté, attention aux véritables raisons cachées derrière ce choix. En ouvrant la liste à des nationalités différentes, ne s'assure-t-on pas d'avoir alors le vote de cette communauté ? Oui, le parti gagne des voies mais il ne doit pas pour autant devenir le défenseur de cette unique communauté. En tant qu'homme ou femme politique, nous devons être les représentants de ceux qui ont voté pour nous, certes, mais aussi tous les autres !Prenons le CDH, il a donné la possibilité à Madame Mahinur Özdemir d'être la première députée voilée. Lorsqu'on est élue, on doit avoir la décence de respecter l'ensemble des votants. Il ne s'agit pas de renier ses origines mais d'avoir des principes qui doivent passer avant tout. Encore une fois, la religion doit rester du domaine privé. Nous avons un cas d'autant plus proche et inquiétant qui vient du Président de la Commission Communale de l'enseignement à Charleroi, comme je le signalais précédemment, qui s'est opposé à l'interdiction du port du voile dans les écoles. La Belgique a accepté beaucoup de choses au nom des droits de l'homme mais attention, n'affaiblissons pas notre démocratie. L'humain est riche de ce qu'il est et non de ce qu'il représente ! Je suis une belgo-marocaine, j'ai choisi d'unir mes deux cultures afin de me rendre riche des principes et valeurs que je souhaite défendre.
"Et je me battrais jusqu'au bout pour la liberté !"